Quand toute une vie est bouleversée
L’annonce d’une maladie peut bouleverser une vie. Qu’il s’agisse d’un cancer, d’une maladie rénale ou d’une autre affection chronique qui fragilise le corps et limite les possibilités du quotidien, ce qui semblait aller de soi peut soudain devenir incertain.
Vivre avec une maladie chronique ou traverser une maladie grave peut profondément modifier le quotidien, le rapport à soi et la manière d’envisager l’avenir.
Le corps et le quotidien
Le rapport à son corps change. L’avenir peut paraître moins prévisible. Les projets sont remis en question, les habitudes doivent être réorganisées et les priorités évoluent parfois sans que l’on ait eu le temps de s’y préparer.
Faire face au quotidien
Il faut faire face aux rendez-vous médicaux, aux examens, aux traitements, à la fatigue, à la douleur ou aux limitations physiques. Une partie du temps et de l’énergie est désormais consacrée à la maladie. Ce qui était auparavant simple peut demander des efforts considérables.
L’identité et les émotions
Au-delà des conséquences physiques, la maladie peut aussi toucher l’identité, la confiance en soi, le sentiment de liberté et la manière dont on se projette dans l’avenir. On peut éprouver de la colère, de la peur, de la tristesse, un sentiment d’injustice ou, parfois, ne plus savoir très bien ce que l’on ressent.
Le sentiment de solitude
Cette période peut également provoquer un sentiment de solitude. Même entouré, il n’est pas toujours facile de faire comprendre ce que l’on traverse. Certaines expériences restent difficiles à partager, y compris avec les personnes les plus proches.
Il n’existe pas une seule manière de vivre la maladie. Chacun compose avec son histoire, ses ressources, ses relations et les contraintes auxquelles il est confronté.
Quand les traitements s’arrêtent, tout n’est pas forcément terminé
On parle parfois de guérison ou de rémission comme si ces mots marquaient le retour à la vie d’avant. Pourtant, la réalité peut être plus complexe.
Un corps qui récupère à son rythme
La fin des traitements ne signifie pas nécessairement la fin de la fatigue, des douleurs, des difficultés physiques ou des inquiétudes. Après un cancer ou une autre maladie grave, le corps a parfois besoin de beaucoup de temps pour récupérer. Certaines limitations persistent, des séquelles peuvent demeurer et la peur d’une rechute peut continuer à occuper une place importante.
De nouveaux repères à construire
Pendant les soins, l’organisation est souvent structurée autour des rendez-vous et des traitements. Lorsque ceux-ci diminuent ou s’arrêtent, une autre période commence. Il faut retrouver des repères, réapprendre à habiter son corps, redéfinir ses possibilités et parfois accepter que certaines choses ne seront plus tout à fait comme avant.
Un décalage avec l’entourage
L’entourage peut penser que le plus difficile est passé. La personne malade, elle, peut encore traverser une période éprouvante, sans toujours parvenir à faire comprendre ce qu’elle vit.
Quand il est difficile d’en parler
Il peut alors être difficile de parler de sa fatigue, de ses douleurs ou de ses inquiétudes, de peur de décevoir, d’inquiéter ses proches ou de donner l’impression de ne pas réussir à tourner la page.
Pourtant, continuer à vivre après la maladie ou avec elle ne signifie pas nécessairement retrouver immédiatement son équilibre. Il faut parfois du temps pour reconnaître ce qui a changé et trouver une nouvelle manière d’avancer.
Quand la maladie transforme la relation de couple
La maladie ne touche pas seulement la personne qui en souffre. Elle entre aussi dans la relation de couple et peut en modifier profondément l’équilibre.

Des rôles qui changent
Le conjoint ou la conjointe peut devenir aidant. Il faut accompagner aux rendez-vous, soutenir dans les moments difficiles, prendre en charge certaines tâches, s’adapter aux douleurs, à la fatigue ou aux restrictions. La relation peut progressivement s’organiser autour de la maladie, parfois au détriment des moments de légèreté, du partage et de la spontanéité.
Trouver sa place dans ces nouveaux rôles
Les rôles évoluent. Celui ou celle qui avait l’habitude de prendre soin de l’autre peut désormais avoir besoin d’aide. Le partenaire peut se retrouver dans une position inhabituelle, entre l’amour, la responsabilité, la peur et parfois l’épuisement.
Deux vécus, un même lien
Il peut être difficile pour chacun de trouver sa place. La personne malade peut craindre de devenir une charge, perdre confiance en elle ou ressentir de la culpabilité face aux contraintes imposées à l’autre. Le partenaire aidant peut éprouver de la fatigue, de l’impuissance, de l’inquiétude ou un besoin de retrouver un espace personnel, tout en culpabilisant de ressentir ces émotions.
Quand plusieurs sentiments coexistent
Ces sentiments peuvent coexister avec l’amour et l’attachement. Ils ne signifient pas nécessairement que le couple va mal ou que les sentiments ont disparu. Ils témoignent aussi de la difficulté à vivre une situation qui impose des ajustements parfois considérables.
Quand les fragilités du lien se réveillent
Ces bouleversements peuvent également réveiller des difficultés relationnelles plus anciennes. La peur de l’abandon, le besoin d’être rassuré, la dépendance affective ou les difficultés à exprimer ses besoins peuvent prendre une place nouvelle lorsque la maladie fragilise les équilibres habituels.
La relation à l’autre peut alors devenir une source de soutien, mais aussi de tensions et d’incompréhensions.
Mieux comprendre l’attachementIntimité, proximité et espace pour soi
La maladie peut également transformer l’intimité, la sexualité, le désir et la manière d’être en contact. La douleur, les traitements, la fatigue, les changements corporels ou la peur de faire mal peuvent modifier la relation physique. Il devient parfois nécessaire de réinventer une proximité qui ne repose pas uniquement sur ce qui existait auparavant.
Il peut alors devenir important de retrouver un espace où chacun puisse exprimer ce qu’il vit, sans devoir protéger constamment l’autre ni se conformer à ce que l’on attend de lui.
Retrouver une place pour soi, au-delà de la maladie
Lorsqu’une maladie chronique occupe une grande partie du quotidien, il peut devenir difficile de se reconnaître autrement que comme une personne malade ou une personne qui prend soin d’un proche.

Ce qui donnait du sens
Les contraintes médicales, les rendez-vous, les douleurs et les limitations peuvent progressivement réduire l’espace disponible pour les loisirs, les relations, les projets et les activités qui donnaient du sens à la vie.
L’image que l’on a de soi
Cette période peut aussi fragiliser l’estime de soi et la confiance en soi. Certaines personnes ont le sentiment de ne plus être tout à fait elles-mêmes, de ne plus trouver leur place dans leur famille, leur couple ou leur vie sociale.
Une identité à préserver
Retrouver une identité personnelle qui ne soit pas uniquement définie par la maladie peut devenir un enjeu important.
Retrouver des marges de liberté
Quand les liens affectifs sont fragilisés
Les difficultés peuvent également se manifester dans les relations affectives. Le besoin de soutien, la peur de perdre l’autre, la difficulté à poser ses limites ou à exprimer ses besoins peuvent fragiliser les relations. Des mécanismes d’attachement, parfois anciens, peuvent se trouver réactivés par cette période d’incertitude.
Retrouver une place pour soi ne signifie pas nier la maladie ni faire comme si elle n’existait pas. Il peut s’agir de reconnaître ses limites, d’identifier ses besoins, de demander de l’aide, de préserver certaines relations ou de découvrir de nouvelles façons de vivre ce qui compte.
Avancer à son rythme
La résilience face à la maladie ne consiste pas à être fort en permanence, à positiver à tout prix ou à tirer nécessairement une leçon de chaque épreuve. Elle peut aussi passer par des moments de découragement, par l’acceptation d’une aide extérieure ou par la reconnaissance de ce qui ne peut pas être changé.
Il ne s’agit pas forcément de retrouver la personne que l’on était avant. Il peut être question de construire progressivement un nouvel équilibre, qui tienne compte de ce qui a changé sans réduire toute son existence à la maladie.
En quoi la Gestalt-thérapie peut-elle accompagner cette période ?
En tant que psychopraticien en Gestalt-thérapie à Reims, je propose un accompagnement individuel aux personnes qui vivent avec une maladie chronique, traversent une maladie grave ou doivent retrouver leurs repères après une période de soins.
Comment la Gestalt aborde votre expérience
La Gestalt-thérapie s’intéresse à la manière dont chacun vit ce qui lui arrive, à ce qu’il ressent, à ses besoins et à sa façon d’entrer en relation avec les autres et avec son environnement.
Mettre des mots sur ce qui se vit
Cet accompagnement peut permettre de mettre des mots sur des émotions parfois difficiles à partager, de mieux reconnaître ses limites, d’explorer les changements dans les relations et de retrouver des appuis dans une période où les repères habituels ont été fragilisés.
Explorer les difficultés relationnelles
Il permet également d’explorer les difficultés relationnelles qui peuvent apparaître ou s’intensifier pendant cette période : peur de l’abandon, attachement affectif, dépendance affective, difficulté à poser ses limites ou à exprimer ses besoins.
Comprendre sa manière d’être en lien
La Gestalt-thérapie invite à mieux comprendre sa manière d’entrer en relation, de se protéger, de rechercher du soutien et de trouver sa place auprès des autres.
Retrouver une relation à soi
Elle peut aussi aider à interroger le rapport à soi, la confiance en soi, l’estime de soi et les changements qui affectent l’identité personnelle.
Vous pouvez venir comme vous êtes
Il n’est pas nécessaire de savoir exactement quoi dire ni d’avoir déjà compris ce qui se passe en soi. Il est possible de venir avec des questions, de la colère, de la peur, de la tristesse ou simplement le sentiment de ne plus parvenir à faire face comme avant.
Un espace complémentaire aux soins
L’accompagnement ne vise pas à remplacer les soins médicaux ni à promettre une guérison. Il offre un espace complémentaire dans lequel la personne peut être accueillie dans son expérience, au-delà de son diagnostic et des attentes de son entourage.
Parce qu’une maladie peut bouleverser une vie, mais qu’une personne ne se résume jamais à sa maladie.
Il reste possible de chercher de nouveaux repères, de préserver ce qui compte et de retrouver, à son rythme, une manière d’habiter sa vie.

