Solitude & isolement

Solitude existentielle : pourquoi aller voir un thérapeute.

Nous pouvons être entourés et pourtant ressentir une profonde solitude. La thérapie peut offrir un espace pour parler de soi, comprendre ce que nous vivons et ne plus rester seul avec nos questions.

MM
Mohand MechenanePublié le 6 octobre 2026 · 9 min de lecture
Nous pouvons être entourés et pourtant ressentir une profonde solitude. La thérapie peut offrir un espace pour parler de soi, comprendre ce que nous vivons et ne plus rester seul avec nos questions.

Nous pouvons être entourés, avoir une famille, des amis, un conjoint, un travail, et pourtant ressentir au fond de nous une forme de solitude difficile à expliquer. Il ne s’agit pas forcément de manquer de présence autour de soi, mais de vivre certaines choses que personne ne peut véritablement vivre à notre place. Nos émotions, nos peurs, nos doutes, nos questionnements restent profondément personnels. Parfois, nous avançons avec tout cela sans trouver l’espace pour en parler réellement.

" Quand on va voir un thérapeute, on s'autorise à sortir de sa solitude existentielle pour pouvoir parler de soi."

Solitude existentielle : pourquoi aller voir un thérapeute ?

Être seul ne signifie pas forcément être isolé. Alors, de quelle solitude parlons-nous ? Peut-on être entouré et pourtant se sentir profondément seul ? Peut-on partager sa vie avec quelqu’un, avoir des amis, une famille, et malgré tout avoir le sentiment que personne ne peut vraiment comprendre ce qui se passe en nous ? Peut-être parce que nous sommes chacun seuls à vivre notre propre expérience. Personne ne peut ressentir exactement ce que nous ressentons. Personne ne peut vivre nos peurs, nos doutes, nos blessures ou nos questionnements à notre place. Même lorsque quelqu’un nous comprend, il ne peut jamais entrer complètement dans notre expérience. Est-ce cela, la solitude existentielle ? Elle ne signifie pas que nous sommes condamnés à être seuls. Elle nous rappelle plutôt qu’il existe, au cœur de notre existence, une part de nous que personne ne peut vivre à notre place. Et lorsque cette part de nous reste longtemps sans pouvoir être exprimée, que se passe-t-il ? Que devient ce que nous ressentons lorsque nous n’avons personne à qui le dire ? Et surtout, que se passe-t-il lorsque nous-mêmes ne savons plus vraiment comment en parler ?

Pourquoi est-il parfois si difficile de parler de soi ?

Personne vue de dos échangeant avec un thérapeute dans un cabinet chaleureux.
La relation thérapeutique peut offrir un espace pour parler de soi et ne plus rester seul(e) avec ses questions.

Pourquoi est-il parfois si difficile de parler de soi ? Est-ce parce que nous ne trouvons pas les mots ? Parce que nous avons peur d’être jugés, incompris ou rejetés ? Parce que nous avons appris, parfois très tôt, à garder certaines choses pour nous ? Ou simplement parce que nous ne savons pas vraiment ce que nous ressentons ? Nous pouvons pourtant raconter facilement ce qui nous arrive, dire ce que nous avons fait, où nous sommes allés, ce que nous avons vécu. Mais raconter ce que cela nous fait vivre est autre chose. Qu’est-ce que je ressens vraiment ? Qu’est-ce qui me fait peur ? Qu’est-ce qui me met en colère ? Qu’est-ce que je désire ? De quoi ai-je besoin ? Ces questions peuvent sembler simples. Pourtant, elles peuvent nous mettre face à quelque chose que nous avons parfois évité pendant longtemps : nous-mêmes. Et lorsque nous n’avons jamais vraiment appris à écouter ce qui se passe en nous, comment pourrions-nous facilement en parler à quelqu’un d’autre

S'autoriser à parler de soi.

Première séance de thérapie à Reims : comment ça se passe ?

Alors, que se passe-t-il lorsque nous avons enfin un espace où nous pouvons parler de nous ? Un espace où nous n’avons pas besoin de faire semblant que tout va bien. Où nous pouvons dire ce que nous pensons, même lorsque cela nous paraît contradictoire. Où nous pouvons parler de nos peurs, de nos colères, de nos doutes, de nos envies, de nos blessures, mais aussi de ce que nous ne comprenons pas encore. Et si nous n’avions pas besoin de savoir quoi dire avant de commencer à parler ? Parfois, il suffit de partir de ce qui est là. Une émotion. Une sensation. Une pensée qui revient. Une situation qui se répète. Une relation qui nous questionne. Ou simplement cette impression étrange que quelque chose ne va pas, sans savoir exactement quoi. C’est peut-être là que commence le travail thérapeutique. Pour moi, accompagner quelqu’un, ce n’est pas lui dire quoi faire. Ce n’est pas lui apporter des réponses toutes faites. C’est pouvoir être présent avec lui dans ce qu’il traverse et lui permettre de regarder ce qui se passe en lui. Parfois, nous avons simplement besoin de quelqu’un avec qui penser, ressentir et mettre des mots sur ce que nous vivons. Et c’est peut-être pour cela que nous franchissons la porte d’un thérapeute : pas nécessairement parce que nous avons besoin de toutes les réponses, mais parfois simplement parce que nous ne voulons plus rester seuls avec nos questions.

La rencontre comme espace d'exploration.

Dans mon accompagnement, je ne cherche pas à apporter une réponse toute faite à ce que vous vivez. Je cherche d’abord à comprendre avec vous ce qui se passe. Qu’est-ce que vous ressentez ? Qu’est-ce que cette situation vient toucher chez vous ? Qu’est-ce qui peut se répéter dans votre manière d’être en relation ? Ces questions ne sont pas là pour vous enfermer dans une explication, vous donner un avis ou vous attribuer une étiquette. Elles permettent de prendre le temps d’observer votre expérience et ce qui se présente dans la relation. C’est ce qui m’intéresse dans la Gestalt : la personne n’est pas séparée de ce qu’elle vit, de son environnement et des relations qu’elle entretient. Nous pouvons regarder ensemble ce qui se passe dans ces rencontres, mettre des mots sur ce qui apparaît et parfois expérimenter une autre manière d’être en relation. La thérapie devient alors un espace où vous pouvez vous rencontrer autrement, avec davantage de présence et de liberté.

Ce qui se passe ici et maintenant.

Ma méthode

Dans mon accompagnement, il y a une place pour votre histoire, pour ce que vous avez vécu et pour ce qui vous amène aujourd’hui. Nous pouvons revenir sur votre passé lorsque cela permet de mieux comprendre ce que vous traversez, mais nous pouvons aussi simplement prendre le temps de regarder ce qui se passe pour vous, ici et maintenant. Quand vous me parlez d’une situation qui vous touche, nous pouvons nous arrêter un instant sur ce que vous ressentez. Qu’est-ce qui se passe dans votre corps ? Et qu’est-ce qui se passe, dans la relation avec moi, lorsque vous me racontez tout cela ? Il ne s’agit pas de chercher immédiatement une explication ou de vouloir changer ce qui se passe. Il s’agit d’abord de pouvoir l’accueillir et de le regarder ensemble. Ces moments peuvent nous apprendre quelque chose sur votre manière d’entrer en contact avec les autres, mais aussi avec vous-même. Je ne cherche pas à considérer ces façons de faire comme des défauts à corriger. Elles ont souvent eu une fonction : nous protéger, nous adapter, nous rapprocher des autres ou faire face à ce que nous vivons. C’est une dimension importante de ma pratique : partir de votre expérience, de ce qui se présente dans la séance et dans la relation, pour mieux comprendre ce qui se joue et retrouver progressivement davantage de choix dans votre manière d’être avec vous-même et avec les autres. C’est aussi ce que j’aime dans la Gestalt : elle ne cherche pas seulement à comprendre pourquoi nous sommes devenus comme nous sommes. Elle nous invite aussi à regarder comment nous sommes aujourd’hui, et ce que nous pouvons expérimenter autrement.

La relation comme un espace de rencontre.

L'attachement et l'anxiété : quand le lien devient source d'inquiétude.

Dans une thérapie, il n’y a pas seulement une personne qui parle et une autre qui écoute. Il y a une rencontre. Pour moi, cette rencontre est essentielle. La manière dont vous entrez en relation avec moi peut parfois nous donner des indications sur votre manière habituelle d’être en relation avec les autres. Mais elle peut aussi être simplement liée à ce que vous vivez ici, avec moi, à ce moment précis. Peut-être avez-vous besoin de temps avant de faire confiance. Peut-être avez-vous peur de déranger. Peut-être avez-vous l’habitude de vous adapter aux attentes de l’autre ou, au contraire, de garder vos distances pour vous protéger. Nous n’avons pas besoin de chercher immédiatement une explication. Nous pouvons simplement observer ce qui se passe, avec bienveillance et sans jugement. Que se passe-t-il entre nous lorsque vous parlez de ce qui vous fait souffrir ? La relation thérapeutique peut alors devenir un espace d’exploration. Elle permet parfois d’observer certaines façons d’entrer en contact, mais aussi d’expérimenter progressivement d’autres possibilités, dans un cadre suffisamment sécurisant. C’est aussi cela, pour moi, l’accompagnement : ne pas rester seul face à ce que vous vivez, mais pouvoir le regarder avec quelqu’un, dans une relation où vous pouvez prendre le temps d’être vous-même.

Parler de soi, mieux se connaître.

Parler de soi, ce n’est pas seulement raconter son histoire ou expliquer ce qui nous arrive. C’est aussi prendre le temps de regarder ce qui se passe en nous. Au fil des séances, nous pouvons revenir sur une situation qui vous a fait souffrir, une relation qui vous questionne, une émotion difficile à comprendre ou quelque chose qui se répète dans votre vie. Nous pouvons alors essayer de mettre des mots sur ce que vous ressentez, regarder ce que cette situation vient toucher chez vous et observer votre manière d’y répondre. Qu’est-ce que je ressens ? Qu’est-ce qui se joue pour moi dans cette situation ? Qu’est-ce que j’essaie de faire ou d’éviter ? Il n’est pas nécessaire d’avoir les réponses dès la première séance. Parfois, on commence simplement par raconter ce qui s’est passé. Puis, au fil de la conversation, certains éléments apparaissent. Mon rôle n’est pas de vous dire ce que vous devez faire. Je vous accompagne dans cette exploration, en vous aidant à porter attention à ce que vous vivez, à vos émotions et à vos façons d’entrer en relation. L’objectif n’est pas de tout comprendre ni de tout changer. Il peut simplement s’agir, progressivement, de mieux comprendre ce qui se passe pour vous et de découvrir ce que vous pouvez faire de cette compréhension.

Ne plus rester seul avec ce que l'on vit.

Pour qui

La thérapie ne supprime pas la solitude existentielle. Elle ne peut pas vivre à notre place, décider à notre place ou ressentir à notre place. Mais elle peut offrir un espace dans lequel nous n’avons plus besoin de rester seuls avec ce que nous vivons. Pendant un temps, quelqu’un est là. Quelqu’un écoute. Quelqu’un questionne. Quelqu’un nous accompagne. Pas pour nous dire qui nous sommes, mais pour nous permettre de regarder notre expérience avec davantage de présence. Peut-être que consulter un thérapeute ne signifie donc pas chercher quelqu’un qui aurait les réponses à notre place. Peut-être est-ce plutôt s’autoriser à ne plus rester seul avec ses questions. Et parfois, c’est en parlant de soi devant quelqu’un que l’on commence progressivement à mieux s’entendre soi-même. Sortir de sa solitude existentielle ne signifie pas ne plus être seul. Cela peut simplement signifier découvrir que l’on n’a plus besoin de rester seul avec ce que l’on vit.

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